Quelques fois nous obtenons ce que nous voulons.
Et comment réagissons-nous alors ?
Soit avec satisfaction soit sans aucune réaction.

Lorsque je mets mon pain dans le grille-pain et qu’il grille bien selon les réglages que j’ai effectué, je n’organise pas une fête pour autant. Après tout, c’est ce pour quoi le grille-pain est fait. Le robinet d’eau donne de l’eau, comme il l’a toujours fait, et c’est bien ce que j’en attends. Je suis satisfait du grille-pain et du robinet, et ce n’est pas quelque chose à laquelle je vais penser toute la journée.

Si je mets du pain dans le grille-pain et qu’il en ressort une gaufre, ça, ce serait une surprise. Et j’y penserais une bonne partie de la journée. De la même manière, si je mets du pain et qu’il en ressort une nuée d’insectes, là aussi ce serait une sacré surprise.

Ce qui nous amène au point suivant : quelques fois nous obtenons quelque chose de différent de ce que nous attendons.

Certaines fois nous pouvons en ressentir de l’enchantement, parce que ce que nous obtenons est bien supérieur à ce que nous nous attendions.

D’autres fois, nous pouvons le ressentir comme de la déception.

Si nous observons cet écart — cet espace — nous pouvons en ressentir de la frustration, de l’échec, de l’embarras. Voire de l’irrespect ou de la perte de contrôle. Nous pouvons réagir de manière très négative et manipulatrice. Nous pouvons exercer de l’intimidation, montrer de la colère, même user de la force. Très souvent, nous refusons de prendre la responsabilité de cet écart entre le résultat attendu et le résultat observé, et nous blâmons les autres ou nous blâmons les circonstances. C’est improductif.

Nous avons tous entendu “Ce n’est pas ma faute — il m’a mis en colère” ou bien “ils ont refusé de coopérer et donc j’ai dû leur mettre la pression” —— cela dénote un manque complet de responsabilité. Le “Je” dans ces toutes ces anecdotes n’a guère le choix, agit de manière inapproprié, et avec de la colère parce que les autres l’ont “provoqué”.

Je sais bien que c’est improductif. Je suis père de deux garçons. J’ai perdu plusieurs années à ne pas apprécier l’espace de curiosité et à ne pas l’explorer, mais simplement à m’échiner à contrôler ce qui se passait. J’essaye de m’améliorer dorénavant, même s’il m’arrive encore de temps à autre de voir mes fils lever les yeux au ciel.

Je suis aussi un formateur en développement logiciel, un coach et un consultant. Et souvent, je constate que ce qui marche dans un contexte n’a aucun impact (ou un mauvais impact) dans un autre contexte. J’ai vu d’autres consultants taper du poing sur la table, hurler après les gens et demander à ce que les personnes qui n’étaient pas d’accord avec eux ou qui ne faisaient pas ce qu’ils disaient soient virées (je n’ai jamais fait cela personnellement).

C’est triste. C’est inutile.

Il est un nom que j’aime bien donné à cet écart entre ce qui est attendu et ce qui est obtenu : “l’espace de curiosité”

Nous ne pouvons pas toujours explorer cet écart entre ce que nous voulons et ce que nous obtenons. Il n’y a pas le temps, compte tenu du nombre de surprises que nous voyons tous les jours. Mais lorsque c’est important, ou ennuyant, ou merveilleux, alors je pense que nous devrions mettre de côté notre jugement et commencez à nous posez la question “pourquoi” et “comment cela s’est-il passé” et “est-ce que cela se passe toujours comme ça”.

J’ai pas mal écrit sur le fait d’arrêter de réagir avec colère, et l’une des meilleurs choses que cela m’ait pu apporter dernièrement c’est d’ouvrir ma curiosité.

Maintenant, je vois tellement de choses que je dois apprendre, je peux prendre l’opportunité de poser des questions, de regarder les alternatives et d’apprendre des autres. J’ai appris que si nous entrons dans l’espace de curiosité en étant des personnes honnêtes et curieuses, nous impliquons les autres. Nous pouvons en apprendre tellement plus. Nous nous ouvrons à d’autres explications, d’autres théories et d’autres possibilités.

Cet espace entre ce que nous attendons et la réalité n’est pas un “problème” qui doit être maîtriser.

C’est une histoire qui reste à découvrir.


Auteur : Tim Ottinger
Source : The Curiosity Space
Date de parution originale : 23 Août 2016


Traducteur : Nicolas Mereaux
Date de traduction : 16/10/2016


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